Vos rides, vos mains, leur peau trop fine, vos cheveux blanchis par les ans.
Tout me plait.
Vous avez plusieurs décennies d’avance sur moi… j’ai 20 ans.
Et vous ? Trois, quatre fois plus ?
Laissons les mathématiques creuser leur fossé. Regardons-nous.
Je vois en vous la vie, pleine, construite ; sillons de sagesse et marques d’expérience. L’encre de la nuit, détachement, regard sans regret.
Que voyez-vous en moi ? La lumière du matin ? L’œil inconscient, le torse pointé vers l’avant ? Suis-je du matin, vous du soir ?
Je sacrifierais en un souffle mes vingt prochaines années si vous pouviez reculer d’autant.
Là, sûrement, nous pourrions nous rencontrer.
Au mitan du temps.
Nous nous aimerions, sereins. Du moins, nous le feindrions.

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